Le Ruisseau rouge

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Hermann Löns (1866-1914) fut l’un des écrivains allemands les plus populaires du début du XXe siècle. On le connaît mal en France, hormis pour son célèbre roman Le Loup-Garou  (Der Wehrwolf), paru dans les années 80 chez Art et Histoire d’Europe. Ce récit de résistance paysanne se déroulait sur la Lande de Lunebourg, pendant la guerre de Trente Ans.
C’est aussi une nouvelle de résistance à l’invasion qui ouvre le présent recueil. Le Ruisseau rouge raconte, en effet, la sourde rébellion des Saxons face au massacre des leurs à Verden par les troupes de Charlemagne, en 782.
Les dix nouvelles, inédites en français, contenues dans ce recueil sont un bel aperçu des thèmes chers à l’auteur : l’esprit de résistance face à l’envahisseur, le lien charnel et völkisch pour son Heimat (la Lande de Lunebourg pour Löns), les traditions et les communautés villageoises plutôt que le progrès prométhéen destructeur et déshumanisé, un amour véritable pour la Nature et la chasse (que les faux écolos dénoncent alors qu’elle est une des activités humaines les plus anciennes et traditionnelles), mais aussi le rire et la poésie pour mieux souligner tout cela.

Préface de Jean Mabire.

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Description

Ces nouvelles sont une ode à ces terres marécageuses et sablonneuses traversées par les oies sauvages, où dominent chemins creux et tourbières, et où les anciens dieux et les “aimables petites fées des bois” continuent à se faire entendre par-delà le “vacarme du monde”. Cet hymne à la nature et à ses sortilèges (La Mer de Köneke) est aussi un hommage rendu au monde paysan à travers lequel Löns se moque de l’utilitarisme et du scientisme de son époque (Le Meyer pratique) ou encore de la folie technicienne naissante (Le Surchasseur), de même que l’évocation d’une histoire immémoriale jalonnée de tragédies. La première d’entre elles (Le Ruisseau rouge) conte l’anéantissement des Saxons rebelles à l’autorité franque, de ces hommes libres qui ont préféré la mort à la honte d’être placés sous le joug d’envahisseurs conduits par un roi ignoble, “homme gras, dans la chaise à porteurs en pourpre, avec un gros visage pâle, imberbe, porté par six Noirs”.
(Jean de Lothier, Livr’Arbitres)

Le Ruisseau rouge qui se répand, c’est le sang des réprouvés. En l’occurrence ici, celui des Saxons fidèles au paganisme, face aux troupes de Charlemagne, à l’héritage renié  avec l’adoption d’une religion orientale. C’est aussi le titre d’un recueil de nouvelles pour la première fois traduits en français. On y trouve de petits bijoux, comme Sous le genévrier, où il est question de résistants sur la lande de Lunebourg, pays cher à l’auteur. On retrouve le style simple et limpide de Löns, un écrivain bien trop méconnu en France et qui pourtant rencontra un vif succès en Allemagne.
(Bruno Favrit, Réfléchir&Agir)

La publication du Ruisseau rouge qui doit son titre à la première nouvelle de ce livre sur le massacre, à Verden, des paysans saxons païens par les troupes franques emmenées par Charlemagne, nous donne un aperçu de ses thèmes de prédilection : la défense des traditions et des communautés villageoises contre les envahisseurs, l’amour des animaux, de la nature et de la chasse. Plus surprenant, il y a aussi chez Löns, un goût pour la satire particulièrement réjouissant. Sa nouvelle Teckel, trop teckel est un petit chef d’oeuvre d’humour. (…) Ecologiste d’avant-garde, qui a longtemps milité pour l’établissement de parcs naturels dans la lande de Lunebourg, Löns ne portait pas le progrès dans son coeur : “Avec nos progrès, on n’a fait finalement qu’un grand pas en arrière.”
(Pascal Esseyric, Eléments)

Le Ruisseau rouge mérite amplement d’être connu tant il regroupe des thèmes si caractéristiques de cette école de pensée qualifiée de völkisch à laquelle appartenait l’auteur. (…) La rébellion des Saxons face au génocide pieusement commandité par l’Eglise que Charlemagne s’est empressé d’exécuter, les massacres de Verden (782) illustrant les méthodes prônées par cette “religion d’amour” qu’est-, paraît-il, le christianisme, sont le sujet du Ruisseau rouge. Les autres nouvelles illustrent le lien charnel qui unit un peuple à sa Terre, les traditions des communautés villageoises qui offrent la meilleur résistance à un soi-disant Progrès mortifère, l’attachement à une Nature enchantée où les hommes et les animaux peuvent se parler, y compris à travers les rites de la chasse.
(Pierre Vial, Terre&Peuple)