Laissez parler la poudre

Alban d’Armagnac résidait à l’année dans les hôtels, à proximité des lieux de résidence de ceux qui faisaient appel à ses services. Son train de vie n’était pas aussi élevé qu’on aurait pu le penser. Il s’habillait avec goût, mais sans ostentation. Le seul luxe qu’il affichait se résumait à une Jaguar et au port d’une Breitling au poignet. Pour le reste, c’était une question d’hygiène de vie. Il consommait une nourriture de qualité et s’astreignait à fréquenter les salles de sport aussi régulièrement que possible. Ce souci de paraître toujours à son avantage lui attirait les faveurs de belles prétendantes, candidates à partager son ordinaire.

Mais pour l’ordinaire, la plupart du temps, il n’y avait pas de place… C’était la vie qu’Alban affectionnait parce que rien ne l’effrayait tant que la perspective de glisser dans l’ennui et dans l’habitude. Il avait besoin d’imprévu et d’adrénaline. Pour cette raison, ceux qui l’employaient appréciaient sa conscience professionnelle. Sa réputation avait pris de telles proportions qu’il lui arrivait de refuser des clients.

Quand un riche homme d’affaires lui demanda de veiller sur sa fille, la mission prit l’allure d’un agréable séminaire sous le soleil de Corse, sans incident notoire. C’est ensuite que l’affaire s’est compliquée. Un vrai panier de crabes au pays des rupins.

 

 

Bruno Favrit a consacré des essais au paganisme, à la vitalité de l’héritage gréco-romain et à la philosophie de Nietzsche. Il est, par ailleurs, auteur de nouvelles et récits d’inspiration panthéiste, ainsi que de carnets. Il a publié trois volumes dans la collection du Lys Noir, dont deux consacrés au personnage du Hussard.

12,00 €

Bruno Favrit livre un polar sec, efficace, sans esbroufe, qui vaut autant par son intrigue que par son regard sur une bourgeoisie décadente. Le contraste entre le raffinement des lieux et la brutalité des rapports humains constitue l’une des réussites du roman. L’aisance matérielle ne protège ni du vide existentiel ni de la corruption morale, sûrement même y contribue-t-elle.
(Anthony Marinier, Eléments)

Le sex-appeal de James Bond, le professionnalisme du Transporteur et l’intrépidité de Bob Morane, tel est Alban d’Armagnac, le nouveau héros freelance, mi-détective, mi-aventurier, créé par Bruno Favrit. Ça saigne et ça sniffe et Alban, de Cannes à Chamonix en passant par Dubaï, doit tenter de redonner un semblant de dignité à ces foireux.
(Aristide Leucate, Réfléchir&Agir)

Poids 210 g