Beyrouth-sur-Loire

12,00 

Bienvenue à Beyrouth-sur-Loire, 100 000 habitants. La campagne municipale enflamme le tissu associatif et politique. Louis Berthomier, hussard du BTP, entend se faire réélire dans ce fief historique de la gauche mais Sylvaine Lecat rêve de revanche depuis son fauteuil au Conseil général.

Soudain, une série de meurtres endeuille les quartiers Nord. Des petites frappes locales sont assassinées les unes après les autres. Qui tue, et pourquoi ? Les lieutenants de police Antoine Carpentel et Michel Jeddoun mènent l’enquête. Le premier nourrit une ambition quasi-maladive tandis que le second remâche les vieux souvenirs de la guerre civile qui a broyé son Liban natal. Les charognards se disputent le cadavre en décomposition de la Politique de la Ville et corruption, violence et émeutes sont au menu…

À l’occasion des dix ans de sa parution originale, Auda Isarn vous propose de redécouvrir le premier polar de Pierric Guittaut dans une version corrigée et réactualisée, premier tome d’une trilogie sans concession sur le corps social en état de mort cérébrale de ce qui fut autrefois la France.

 

Né en 1974, Pierric Guittaut a déjà publié six romans policiers et une enquête historique sur la Bête du Gévaudan.

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Description

Le roman de Guittaut se veut en réaction au néo-polar français, post-soixante-huitard, loué dans le microcosme. (…) Un livre âpre et presque gore, mais tellement proche du monde où nous sommes désormais plongés. Guittaut excelle à nous conduire dans les barres HLM des zones de non-droit et des maisons de la culture et des associations prises en main.
(Francis Bergeron, Présent)

Beyrouth-sur-Loire, comme l’indique le titre, c’est la libanisation d’un pays, d’une société, détruits, divisés, à coups de néo-libéralisme, de gauchisme, de lâchetés et de calculs politiciens. Cela (dé)montré, sur fond d’émeutes urbaines, d’immigration, de campagne électorale, avec une précision naturaliste (il n’est pas de polar qui ne soit social) : divers milieux d’une ville de province, la presse locale, la politique, le réseau associatif, la délinquance… dont sont scrutés les compromissions, la corruption, les luttes.Ce pourrait être sous-titré “moeurs de province” comme dans les les romans du XIXe siècle. les personnages sont saisis dans leurs mots et gestes, et leurs rapports décrits avec un féroce réalisme : la stagiaire ambitieuse et connasse, le rédac’ chef gauchisant, le maire vulgaire et sans scrupule, Carpentel et l’héroïque Jeddoun, ancien phalangiste chrétien. Quant à l’action, elle est enlevée, les flingues, les voitures, les bastons, comme peut l’être aussi le découpage du récit, vif et aux élégantes ellipses. Premier roman de Pierric Guittaut, heureusement réédité, Beyrouth-sur-Loire est déjà plein du tempérament de l’auteur.
(Arnaud Bordes, Réfléchir&Agir)