Tuons le clair de lune !!

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« Nous voulons glorifier la guerre – seule hygiène du monde –, le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles Idées qui tuent, et le mépris de la femme.

Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés opportunistes et utilitaires.

Nous chanterons les grandes foules agitées par le travail, le plaisir ou la révolte ; les ressacs multicolores et polyphoniques des révolutions dans les capitales modernes ; la vibration nocturne des arsenaux et des chantiers sous leurs violentes lunes électriques ; les gares gloutonnes avaleuses de serpents qui fument ; les usines suspendues aux nuages par les ficelles de leurs fumées ; les ponts aux bonds de gymnastes lancés sur la coutellerie diabolique des fleuves ensoleillés ; les paquebots aventureux flairant l’horizon ; les locomotives au grand poitrail, qui piaffent sur les rails, tels d’énormes chevaux d’acier bridés de longs tuyaux, et le vol glissant des aéroplanes, dont l’hélice a des claquements de drapeau et des applaudissements de foule enthousiaste. »

 

Voilà ce qu’écrit, le 20 février 1909, Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944) dans les colonnes du Figaro. Ce pavé dans la gueule de l’art académique, intitulé Le Manifeste du futurisme, va se décliner sur tous les plans : littérature, peinture, architecture, cinéma, photographie…

Outre ce texte fondateur, nous réunissons ici Tuons le clair de lune !!, Contre Venise passéiste, Le Mépris de la femme, Ce qui nous sépare de Nietzsche et Destruction de la syntaxe.

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Description

Ce petit ouvrage vaut pour trois choses au moins : d’abord sa splendide couverture « futuriste » qui nous restitue, dans les teintes rouges, un magnifique portrait de Marinetti. Ce livre est donc en lui-même un très bel objet, qui illustre parfaitement les ambitions, les aspirations, de ces jeunes Italiens, au tournant du nouveau siècle.  Ensuite parce qu’il nous résume simplement et clairement ce qu’a été le futurisme, son influence. Enfin parce qu’il regroupe six courts textes (certains se présentent sous forme de tracts, et furent distribués comme tels, à Milan ou Venise, en 1909 et 1910) qui constituent le message originel de Marinetti et de ses amis.
(Francis Bergeron, Présent)